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Pourquoi
partir avec un guide de voyage ?
Sur
Travel2world, on c'est déjà demandé
" ou partir ? ", ou encore " quand
et comment partir ?", on c'est même demandé
" avec quel guide partir ?".
Et
puis un jour une autre question est arrivée
: " Pourquoi partir avec un guide ?".
Et
comme on aime bien trouver des réponses : voici
un nouveau dossier.
Précisons
tout de suite que nous ne parlerons ici que des guides
" pratique " de type " Lonely ",
" Routard ", " Let's Go " et autres.
Nous
laissons volontairement de coté les guides
purement " culturels " tels que les Guides
Bleu, Guide Vert, National Géographique etc.
Bref tout ces guides dont la vocation première
est de vous instruire et de vous renseigner sur les
aspects purement touristiques de votre destination,
sans donner d'informations (ou presque) sur les hôtels,
restaurants et transports.
Pourquoi
un guide ?
POUR
:
Un
guide permet de répondre à des questions
très concrètes comme où manger
aujourd'hui, ou dormir cette nuit, comment me déplacer
demain, y a-t-il un bus pour aller dans cette région
etc.
Les
prix donnés dans un guide permettent également
de se faire une idée relativement précise
du budget nécessaire pour partir.
Le
fait d'avoir un guide "pratique" avec des
adresses et des références sur place
permet de se renseigner sur ces endroits par d'autres
canaux (par exemple les forums Internet) afin de croiser
ensuite les informations et de se faire une idée
plus précise des lieux.
Pour
les plus anxieux cela permet même de planifier,
voire de réserver à l'avance certaines
étapes.
Pour
un certain nombre de pays / destinations, il peut
être relativement facile de trouver réponses
à ces questions en consultant d'autres sources
comme les offices du tourisme, les site web, voire
une ambassade.
Mais
il n'est pas toujours possible d'évaluer la
fiabilité et le niveau de mise a jour de ces
sources. Les offices de tourisme ne délivrent
pas toujours une information très précise
et vous ne connaissez pas les critères d'évaluation
des voyageurs internautes rencontrés sur les
forums.
Ce
qui pour vous est " correct ", " possible
" ou " bon marché " ne l'est
peut être pas spécialement pour votre
correspondant et inversement.
Même
si a force de persévérance et de méthode
on peut arriver à se construire une base de
donnée fiable et très précise
sur telle ou telle destination, il faut reconnaître
que cela sera bien plus long et moins pratique que
de se rendre simplement au coin de la rue pour acheter
la dernière édition du " lonely
Routard Futé on shoestring ".
CONTRE
:
L'information
n'est pas à jour :
Tout
ce qui est écrit dans un guide ne doit pas
être considéré comme une vérité
immuable.
En
effet entre le moment ou une information est récoltée
et le moment ou elle est disponible en librairie,
un délai de 1 à 2 ans est fréquent.
Plus
encore si le guide couvre une destination peu touristique
qui ne bénéficie pas d'une mise à
jour régulière.
Même dans le cas ou vous disposez de l'édition
la plus récente, la situation économique
/ politique de certains pays peut évoluer tellement
vite qu'en l'espace de quelques mois a peine toutes
les informations portées à votre connaissance
peuvent être périmées.
On
n'imagine pas à quelle vitesse un hôtel
peut être construit, une liaison ferroviaire
peut être abandonnée, et je suis sur
que le Lonely planet "Bagdad" de 2000 décrit
encore les bienfaits d'une promenade le long du Tigre…
Le
danger quand on voyage de manière indépendante
c'est de se laisser bercer par la douce certitude
que procure le guide et d'être certain de trouver
sans fautes un transport à tel endroit pour
se rendre dans cet hôtel pas cher et si agréable
décrit page 32.
Faute
de " plan B ", trop de voyageurs se retrouvent
ensuite perdus (dans tous les sens du terme), voire
complètement paniqués parce qu'il n'était
pas écrit la charmante auberge serait fermée
ou bien transformée depuis en hôtel de
passe tenu par un ancien dictateur cannibale.
Les
guides donnent seulement des indications et des informations
qui étaient vraies il y à plus ou moins
longtemps et qui le sont peut être encore. Ils
ne dispensent pas la Sainte Parole.
L'information
est à jour :
Quand
les informations d'un guide sont encore correctes,
les choses peuvent être (presque) pires.
La
diffusion des guides les plus connus est tellement
large que les informations publiées sont immédiatement
utilisées par des centaines, voire des milliers
de touristes aux 4 coins du monde.
Quand
un auteur découvre une auberge pittoresque
ou un restaurant intéressant, le fait de publier
cette trouvaille "condamne" cet établissement
à voir sa fréquentation grimper en flèche.
Les
voyageurs vont alors se succéder à cet
endroit, quasiment en file indienne, le nez plongé
dans le chapitre " que faire / que penser "
exécutant un voyage planifié en fonction
des adresses "exclusives" ou "authentique"
trouvées dans les guides, exactement comme
d'autres font la liste des courses.
Les
guides les plus populaires tracent ainsi de véritables
routes. Que ce soit la " lonely trail "
ou " le chemin du routard ", nous nous somme
tous (trop souvent) déjà retrouvé
dans ces établissements fréquentés
exclusivement par les lecteurs de tel ou tel guide.
Tous
on trouvé l'adresse à la même
page, et demain tous prendrons le même bus pour
se retrouver à nouveau ensemble dans le même
hôtel de la page suivante…
Le
paradoxe est que la popularité d'un guide touristique
devient finalement son pire défaut.
IL
est pourtant facile de trouver des alternatives.
De
par le monde de nombreux commerçants et hôteliers
ont compris que pour exister il fallait être
connu et reconnu. Le bouche a oreille, les indications
données par les voisins, voire les rabatteurs
ou les panneaux publicitaires permettent alors aux
voyageurs débrouillards de toujours trouver
d'autres lieux pour loger ou se restaurer.
Bien
sur le risque de " mal tomber " existe toujours
mais il n'est finalement pas plus grand que la probabilité
de faire une bonne découverte, et puis dans
le pire des cas il est toujours possible de tourner
les talons et d'aller dans l'établissement
d'à coté.
Partir
avec un guide de voyage c'est aussi se contraindre
à adopter, au moins partiellement le point
de vue de son auteur.
Pour
des raisons commerciales, la plupart des guides effectuent
une sélection dans les attractions mises en
valeur et consacreront le plus gros de leurs pages
aux lieux les plus populaires et/ou les plus faciles
d'accès.
Non
seulement cela contribue a maintenir au top de la
catégorie " a voir / a faire " des
lieux qui sont parfois totalement surfaits ou déjà
largement surexploité, mais cela rejette dans
l'ombre de nombreuses attractions sans doutes moins
spectaculaires ou moins photographiées mais
généralement beaucoup plus authentiques
et préservées.
En
ne s'attardant que sur les " attractions majeures
" d'un pays, les guides réduisent souvent
un pays à une collection de cartes postales
stéréotypées.
Paris
ne résume pas la France tout comme Khao San
ne résume pas la Thaïlande.
En
guise de conclusion.
Il ne faut pas rejeter complètement l'utilisation
des guides, car si comme écrit plus haut il
est toujours possible de se débrouiller seul,
il faut également reconnaître que chercher
un hôtel à 4 heure du matin dans la banlieue
sud de Bamako sans avoir sous la main la dernière
édition de " Bamako pour les nuls "
(ou autre) peut être légèrement
stressant.
Dans
le même ordre d'idées, trouver les horaires
des trains en partance pour la Sibérie orientale
est un rien pour simple quand on cherche dans le guide
ad hoc plutôt que sur les panneaux d'affichage
en Cyrillique de la gare de Novossibirsk.
D'un
point de vue plus personnel, je me suis rendu compte
finalement que rare sont les hôtels ou les restaurants
fréquentés ou cours de ces 7 dernières
années qui figuraient dans un guide. Il n'y
a guère que les chapitres de type " se
déplacer / comment s'y rendre" qui ont
été plus régulièrement
consulté… Et encore.
Dans
ce domaine les changements peuvent être tellement
fréquent que rien de ce qui est écrit
ne peut être considéré comme totalement
fiable.
Le
bon usage d'un guide consisterai donc a ne (re)garder
que les grandes lignes, quelques adresses de secours
" au cas ou ", un ou deux informations pratiques
sur les déplacements ou les formalités
administratives et faire confiance à la chance
pour le reste.
Avec
le temps et l'expérience je trouve qu'il est
plus en plus facile et gratifiant (et même nécessaire)
de procéder de la sorte afin de vivre ses propres
découvertes en toute liberté.
L'essence
même du voyage indépendant en quelques
sortes.
©Travel2world 05/2006.
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