Préparer
un voyage "indépendant"
Vous
avez toujours voyagé avec des voyagistes spécialistes
du "tout organisé" ?
Vous voulez connaître autre chose que les vacances
"location avec piscine en Espagne" ?
Vous souhaitez vous aventurer au-delà de l’Europe
?
Vous
n’avez jamais vraiment voyagé mais vous voulez
vous y mettre ?
En
partant du principe de base que vous voulez vous lancer
dans l’organisation d’un voyage différent,
voici un modeste petit guide du "comment devenir
un voyageur" basé sur mon expérience
personnelle.
Choisir
une destination :
Un voyage, ça doit être un coup de cœur.
Si vous rêvez d’une destination depuis toujours,
n’essayez pas de "rationaliser" votre envie.
Ne
vous demandez pas si c’est bien raisonnable, ne commencez
pas à vous interroger sur d’éventuelles
alternatives ou sur les conditions matérielles
de votre voyage sous peine de trouver 20.000 "bonnes"
raisons de remettre à jamais votre rêve
à plus tard.
Si
vous rêvez d’aller quelque part, achetez une
carte du monde ou un atlas, entourez d’un gros trait
rouge cette destination et ancrez fermement dans votre
esprit l’idée qu'un jour (le plus proche possible)
vous irez là-bas.
C’est
seulement une fois que cette conviction sera solidement
acquise que vous commencerez à vous interroger
sur le "quand et comment".
Si
c'est votre première expérience de voyageur
indépendant, il serait bon de vous demander
si le pays choisi est vraiment le plus approprié
pour un débutant.
Bien sûr, aucune destination n’est exclusivement
réservée aux Indiana Jones avec 15 ans
d’expérience, tout comme il n’existe aucune
destination indigne des "baroudeurs" et
uniquement bonnes à satisfaire "les débutants".
Mais
disons que si vous avez choisi de vous faire vos premières
dents en Afrique, le Sénégal ou le Bénin
sont peut-être plus appropriés que le
Congo-Kinshasa ou le Libéria. Quand
on apprend à conduire, on commence par faire
ses premières manœuvres sur un parking désert,
on ne s’inscrit pas directement à un rallye
d'hiver en pleine montagne en Suède…
Pour
un premier voyage, c’est pareil. On privilégie
un pays politiquement stable avec une infrastructure
correcte (transports, logements...) et on aborde prudemment
le choc culturel en évitant d’emblée
de partir dans le pays où absolument tout s'oppose
à votre culture.
En
fonction de votre budget et de votre objectif de voyage,
il est bien sûr possible de "simplifier"
une destination. Un "tour du monde des hôtels
de luxe" avec budget illimité ne devrait
pas poser de difficultés majeures et ce, même
si vous passez par des pays comme la Côte d’Ivoire,
l’Iran ou la Corée du Nord.
A
l’inverse, un simple voyage au Maroc peut devenir
une véritable aventure si vous décidez
de l’effectuer en vélo dans le désert.
Internet
est une très bonne source pour estimer la "faisabilité"
d’une destination et obtenir de nombreux renseignements
sur votre voyage. Parmi les sites les plus intéressants,
citons les forums du Routard,
de Lonely
Planet, de Tourdumonde
ou encore de Voyageforum
. En
anglais, citons aussi le très bon Trekearth
ou encore Thebackpacker.
Dans
un monde moins virtuel, il y a également des
associations de voyageurs incontournables comme Aventuriers
du bout du monde , et des centres de documentation
comme Le
cercle des voyageurs où les voyageurs peuvent
se rencontrer pour échanger leurs idées
et leurs bons plans.
Par
ailleurs, il existe des sites plus spécialisés
dans les voyages à moto ou en 4x4 : Sahara-Overland
ou Adventure-motorcycling
Quel
voyage ?
Il y a autant de voyages que
de voyageurs.
Maintenant
que vous avez fermement décidé de partir,
il faut déterminer le type de voyage pour lequel
vous allez opter.
Le
type de voyage que vous allez effectuer est une subtile
alchimie entre le temps et le budget disponibles,
vos centres d’intérêts, la période
de départ, la destination, les personnes qui
vous accompagnent, etc.
Tous
ces éléments conditionnent vos possibilités
et vos envies.
Tout
comme on ne part pas aux Etats-Unis pour faire un
voyage gastronomique, on n’escalade pas l’Himalaya
en décembre avec des enfants en bas âge
et on n’envisage pas non plus de visiter le Japon
avec un budget de 500 euros pour 3 semaines…
Quand
Partir ?
Règle
de base : Ne pas partir pendant les vacances scolaires,
si possible.
Tout
est plus cher, les promotions sur les vols sont moins
nombreuses, les hôtels affichent plein tarif,
il est indispensable de réserver longtemps
à l’avance, les sites touristiques sont pris
d’assaut…
Donc,
à moins de ne vraiment pas avoir le choix,
évitez de partir en juillet - août, à
Noël, et dans une moindre mesure pendant les
vacances de carnaval et de Pâques.
Mais
attention, les périodes de vacances scolaires
ne sont pas nécessairement les mêmes
partout à la surface du globe.
Il faut également tenir compte des périodes
de fêtes et de vacances dans le pays de destination.
Il y a, par exemple, la fête du Thêt en
janvier et février au Vietnam, le Nouvel an
lunaire asiatique, le ramadan, etc. Autant de manifestations
festives et/ou culturelles qui peuvent engendrer la
surfréquentation de certains lieux ou occasionner
de très sérieuses perturbations dans
le bon fonctionnement des services publiques, par
exemple.
A
un niveau plus local, la tenue d’un festival très
populaire, par exemple, peut transformer momentanément
une ville paisible en un lieu très voire trop
animé et où les options de logement
peuvent se faire soudain très rares.
Enfin,
des phénomènes climatiques saisonniers
récurrents tels que la mousson, des sécheresses
ou des typhons peuvent rendre la visite de certaines
régions quasi impossible ou du moins très
pénible. Visiter
le Maroc en août par 45° à l’ombre
n’est pas plus amusant que de visiter l’Inde sous
des trombes d’eau en juin...
Choisir
une durée
La durée d’un voyage
va dépendre principalement de votre budget
et de vos jours de congé disponibles.
Privilégiez autant que possible les longs séjours
de plus de 2 semaines, surtout si vous avez une vie
professionnelle active.
Il faut en effet au moins 5
jours pour arriver à oublier les soucis du
quotidien et vous adapter à l’ambiance de votre
pays d'accueil.
A la fin de votre séjour, vous commencerez
à penser à votre retour 2 à 3
jours avant le départ. C'est alors que "ça
sent la fin"... En ne partant que 15 jours, vous
ne pourrez donc profiter pleinement que d’une semaine
réelle de vraies vacances.
Les
séjours plus longs, soit de plus de 4 semaines,
permettent de réellement "se déconnecter"
avec le quotidien et de faire une immersion complète
dans votre voyage. En contrepartie, ils imposent au
retour un plus grand effort pour se réhabituer
"à sa vie d’avant".
Se préparer
Pour bien profiter d’un voyage,
il faut se préparer un minimum.
Si vous souhaitez nouer quelques contacts sur place,
il est important de ne pas commettre d’impairs.
Il faut donc se renseigner un minimum sur la culture
du pays visité.
En
tant que visiteur européen, vous attacherez
probablement une grande importance à votre
tenue vestimentaire. Il y a des tenues "honorables"
pour vous et d'autres pas.
Mais
un petit maillot parfaitement charmant sur les plages
d’Ibiza sera complètement déplacé
au Kerala (Inde). Quant aux tenues de type "streetwear"
de couleur kaki et très "tendance",
elles ne vous causeront aucun souci en Europe mais
mieux vaut ne pas les porter dans certains pays d’Afrique
à la démocratie aléatoire.
Et
puis, n'oubliez pas la règle vestimentaire
universelle à respecter par tout voyageur :
Le short, c’est pour les enfants et les touristes…
De
manière quotidienne, il existe également
une multitude de petites choses en apparence totalement
anodines pour nous mais qu’il faut savoir pour éviter
les impairs.
Saviez-vous,
par exemple, qu’en Afrique on ne doit pas se servir
de sa main gauche pour donner, recevoir ou manger
?
Que toucher le sommet de la tête d’une personne
ou pointer vers elle un pied constitue une insulte
en Asie ?
Que dans un temple Cao-Dai, les hommes rentrent par
la droite du bâtiment alors que les femmes rentrent
par la gauche ?
Autant
de petites choses qu’il faut connaître si l’on
souhaite respecter la culture locale et se faire mieux
accepter par les autochtones.
Il
peut arriver aussi que vous vous rendiez dans un pays
ou certaines pratiques courantes peuvent heurter fortement
vos valeurs, comme la ségrégation sociale
ou sexiste, par exemple.
Il faut être conscient de ces différences
et savoir que votre statut de touriste étranger
ne vous en protégera pas nécessairement.
Il est important d’être préparé
à ces chocs culturels et à défaut
de les approuver, il faut savoir les accepter et taire,
au moins le temps de votre voyage, votre désapprobation.
Pour
toutes ces raisons, il est important de se documenter
sur sa destination et de lire aussi bien des périodiques
que des guides de voyage ou encore des recueils de
photos.
Partir
à combien ?
Pour entrer plus facilement
en contact avec les populations autochtones, il faut
pouvoir se fondre dans la masse.
Voyager
seul constitue l’essence même du voyage indépendant.
Quand on voyage seul, à moins d’être
totalement asocial, on est naturellement plus ouvert
aux rencontres.
Le voyageur solitaire est également seul maître
de ses choix, de son itinéraire et de son rythme
de voyage. En contrepartie, il doit assumer seul les
difficultés, les coups de blues et toutes les
démarches touristico-administratives.
Voyager
à deux, en couple ou non, permet de partager
les émotions du voyage. A deux, on se sent
plus fort. On associe les compétences respectives
et on se partage les démarches à effectuer
pour trouver un hôtel, réserver des billets,
trouver un bus, etc.
Mais
un voyage en duo peut également devenir un
enfer… Voyager dans des conditions de confort et d’hygiène
plus simples que chez soi peut faire surgir des traits
de personnalité inconnus jusqu'alors chez l''autre.
Cela peut provoquer de sérieuses disputes et
quand la scène se passe sous une tente au milieu
du désert avec un retour planifié deux
semaines plus tard, impossible de s’esquiver !
Voyager
à trois permet d’envisager des locations de
véhicules et éventuellement de négocier
des prix de groupe. Mais face à certains choix,
on prend le risque de se retrouver à "deux
contre un".
Voyager
à quatre représente une dernière
possibilité. Au-delà de quatre, on fait
du tourisme de groupe.
Partir avec une agence ?
Voilà
qui peut sembler incompatible avec l’idée de
voyager en indépendant.
Mais
il faut savoir qu'en dehors des voyagistes classiques,
il se développe un nouveau genre d’agence de
voyage qui s’adresse plus spécifiquement aux
"backpackers", surtout dans les pays anglophones.
Ces
agences proposent des services plus ponctuels et plus
spécifiques, comme l’organisation d’un accueil
en cas d’arrivée de nuit dans un pays pas facile
(First48).
D’autres se chargent de vous obtenir des visas et/ou
des lettres d’invitation, ou encore des billets spécifiques
comme des tickets pour le Transsibérien
(White Nights).
Le tourisme chez l’habitant se fait également
le plus souvent par l’entremise d’agences.
Un
peu différentes, les agences "classiques"
proposent des produits de type "aventure"
plutôt destinés aux jeunes et/ou à
ceux qui veulent voyager de manière moins formelle,
moins encadrée.
C’est ainsi que Nouvelles
Frontières ou Tucan
offrent des voyages "aventure" et que d’autres
agences proposent même des voyages en camion
pour de très longues périodes (Overlandtravel).
Bien
sûr, cela reste du voyage organisé, en
groupe de 15 à 20 personnes voire plus. Mais
en théorie du moins, l’état d’esprit
semble un peu plus aventureux.
Pour
certaines destinations ou certaines activités
comme un voyage en bateau en Antarctique ou une expédition
en motoneige au Canada, il est quasi impossible de
se passer de ce genre d’agence.
Préparer
son retour
Séjourner à l’étranger demande
une période d’adaptation, mais rentrer au pays
également.
Surtout si votre voyage a été particulièrement
long ou spécialement intense.
Afin
d’éviter un classique coup de blues ou le syndrome
du "j’aurais dû rester là-bas…",
il est bon de se ménager encore un jour ou
deux de repos avant de reprendre le travail, puis
de s’astreindre à la poursuite d’un but précis
comme par exemple la création d’un album photo
souvenir ou la mise en ligne sur le web de votre carnet
de voyage. Tout cela vous occupera activement tout
en conservant concrètement l’esprit de votre
périple.
Déjà
commencer à préparer votre prochain
voyage est aussi une alternative.
Si,
par malheur, votre voyage ne vous a pas laissé
un bon souvenir, dites-vous que le prochain sera mieux
et qu’il ne faut surtout pas renoncer à votre
manière de voyager autrement.
©Travel2world
03/2005.
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