TRAVEL2WORLD : Dossiers n°13

Préparer un voyage "indépendant"

Vous avez toujours voyagé avec des voyagistes spécialistes du "tout organisé" ?
Vous voulez connaître autre chose que les vacances "location avec piscine en Espagne" ?
Vous souhaitez vous aventurer au-delà de l’Europe ?

Vous n’avez jamais vraiment voyagé mais vous voulez vous y mettre ?

En partant du principe de base que vous voulez vous lancer dans l’organisation d’un voyage différent, voici un modeste petit guide du "comment devenir un voyageur" basé sur mon expérience personnelle.

Choisir une destination :
Un voyage, ça doit être un coup de cœur.
Si vous rêvez d’une destination depuis toujours, n’essayez pas de "rationaliser" votre envie.

Ne vous demandez pas si c’est bien raisonnable, ne commencez pas à vous interroger sur d’éventuelles alternatives ou sur les conditions matérielles de votre voyage sous peine de trouver 20.000 "bonnes" raisons de remettre à jamais votre rêve à plus tard.

Si vous rêvez d’aller quelque part, achetez une carte du monde ou un atlas, entourez d’un gros trait rouge cette destination et ancrez fermement dans votre esprit l’idée qu'un jour (le plus proche possible) vous irez là-bas.

C’est seulement une fois que cette conviction sera solidement acquise que vous commencerez à vous interroger sur le "quand et comment".

Si c'est votre première expérience de voyageur indépendant, il serait bon de vous demander si le pays choisi est vraiment le plus approprié pour un débutant.
Bien sûr, aucune destination n’est exclusivement réservée aux Indiana Jones avec 15 ans d’expérience, tout comme il n’existe aucune destination indigne des "baroudeurs" et uniquement bonnes à satisfaire "les débutants".

Mais disons que si vous avez choisi de vous faire vos premières dents en Afrique, le Sénégal ou le Bénin sont peut-être plus appropriés que le Congo-Kinshasa ou le Libéria. Quand on apprend à conduire, on commence par faire ses premières manœuvres sur un parking désert, on ne s’inscrit pas directement à un rallye d'hiver en pleine montagne en Suède…

Pour un premier voyage, c’est pareil. On privilégie un pays politiquement stable avec une infrastructure correcte (transports, logements...) et on aborde prudemment le choc culturel en évitant d’emblée de partir dans le pays où absolument tout s'oppose à votre culture.

En fonction de votre budget et de votre objectif de voyage, il est bien sûr possible de "simplifier" une destination. Un "tour du monde des hôtels de luxe" avec budget illimité ne devrait pas poser de difficultés majeures et ce, même si vous passez par des pays comme la Côte d’Ivoire, l’Iran ou la Corée du Nord.

A l’inverse, un simple voyage au Maroc peut devenir une véritable aventure si vous décidez de l’effectuer en vélo dans le désert.

Internet est une très bonne source pour estimer la "faisabilité" d’une destination et obtenir de nombreux renseignements sur votre voyage. Parmi les sites les plus intéressants, citons les forums du Routard, de Lonely Planet, de Tourdumonde ou encore de Voyageforum . En anglais, citons aussi le très bon Trekearth ou encore Thebackpacker.

Dans un monde moins virtuel, il y a également des associations de voyageurs incontournables comme Aventuriers du bout du monde , et des centres de documentation comme Le cercle des voyageurs où les voyageurs peuvent se rencontrer pour échanger leurs idées et leurs bons plans.

Par ailleurs, il existe des sites plus spécialisés dans les voyages à moto ou en 4x4 : Sahara-Overland ou Adventure-motorcycling

Quel voyage ?
Il y a autant de voyages que de voyageurs.

Maintenant que vous avez fermement décidé de partir, il faut déterminer le type de voyage pour lequel vous allez opter.

Le type de voyage que vous allez effectuer est une subtile alchimie entre le temps et le budget disponibles, vos centres d’intérêts, la période de départ, la destination, les personnes qui vous accompagnent, etc.

Tous ces éléments conditionnent vos possibilités et vos envies.

Tout comme on ne part pas aux Etats-Unis pour faire un voyage gastronomique, on n’escalade pas l’Himalaya en décembre avec des enfants en bas âge et on n’envisage pas non plus de visiter le Japon avec un budget de 500 euros pour 3 semaines…

Quand Partir ?
Règle de base : Ne pas partir pendant les vacances scolaires, si possible.

Tout est plus cher, les promotions sur les vols sont moins nombreuses, les hôtels affichent plein tarif, il est indispensable de réserver longtemps à l’avance, les sites touristiques sont pris d’assaut…

Donc, à moins de ne vraiment pas avoir le choix, évitez de partir en juillet - août, à Noël, et dans une moindre mesure pendant les vacances de carnaval et de Pâques.

Mais attention, les périodes de vacances scolaires ne sont pas nécessairement les mêmes partout à la surface du globe. Il faut également tenir compte des périodes de fêtes et de vacances dans le pays de destination. Il y a, par exemple, la fête du Thêt en janvier et février au Vietnam, le Nouvel an lunaire asiatique, le ramadan, etc. Autant de manifestations festives et/ou culturelles qui peuvent engendrer la surfréquentation de certains lieux ou occasionner de très sérieuses perturbations dans le bon fonctionnement des services publiques, par exemple.

A un niveau plus local, la tenue d’un festival très populaire, par exemple, peut transformer momentanément une ville paisible en un lieu très voire trop animé et où les options de logement peuvent se faire soudain très rares.

Enfin, des phénomènes climatiques saisonniers récurrents tels que la mousson, des sécheresses ou des typhons peuvent rendre la visite de certaines régions quasi impossible ou du moins très pénible. Visiter le Maroc en août par 45° à l’ombre n’est pas plus amusant que de visiter l’Inde sous des trombes d’eau en juin...

Choisir une durée
La durée d’un voyage va dépendre principalement de votre budget et de vos jours de congé disponibles.

Privilégiez autant que possible les longs séjours de plus de 2 semaines, surtout si vous avez une vie professionnelle active.

Il faut en effet au moins 5 jours pour arriver à oublier les soucis du quotidien et vous adapter à l’ambiance de votre pays d'accueil.
A la fin de votre séjour, vous commencerez à penser à votre retour 2 à 3 jours avant le départ. C'est alors que "ça sent la fin"... En ne partant que 15 jours, vous ne pourrez donc profiter pleinement que d’une semaine réelle de vraies vacances.

Les séjours plus longs, soit de plus de 4 semaines, permettent de réellement "se déconnecter" avec le quotidien et de faire une immersion complète dans votre voyage. En contrepartie, ils imposent au retour un plus grand effort pour se réhabituer "à sa vie d’avant".

Se préparer
Pour bien profiter d’un voyage, il faut se préparer un minimum.
Si vous souhaitez nouer quelques contacts sur place, il est important de ne pas commettre d’impairs.
Il faut donc se renseigner un minimum sur la culture du pays visité.

En tant que visiteur européen, vous attacherez probablement une grande importance à votre tenue vestimentaire. Il y a des tenues "honorables" pour vous et d'autres pas.

Mais un petit maillot parfaitement charmant sur les plages d’Ibiza sera complètement déplacé au Kerala (Inde). Quant aux tenues de type "streetwear" de couleur kaki et très "tendance", elles ne vous causeront aucun souci en Europe mais mieux vaut ne pas les porter dans certains pays d’Afrique à la démocratie aléatoire.

Et puis, n'oubliez pas la règle vestimentaire universelle à respecter par tout voyageur : Le short, c’est pour les enfants et les touristes…

De manière quotidienne, il existe également une multitude de petites choses en apparence totalement anodines pour nous mais qu’il faut savoir pour éviter les impairs.

Saviez-vous, par exemple, qu’en Afrique on ne doit pas se servir de sa main gauche pour donner, recevoir ou manger ?
Que toucher le sommet de la tête d’une personne ou pointer vers elle un pied constitue une insulte en Asie ?
Que dans un temple Cao-Dai, les hommes rentrent par la droite du bâtiment alors que les femmes rentrent par la gauche ?

Autant de petites choses qu’il faut connaître si l’on souhaite respecter la culture locale et se faire mieux accepter par les autochtones.

Il peut arriver aussi que vous vous rendiez dans un pays ou certaines pratiques courantes peuvent heurter fortement vos valeurs, comme la ségrégation sociale ou sexiste, par exemple.

Il faut être conscient de ces différences et savoir que votre statut de touriste étranger ne vous en protégera pas nécessairement.
Il est important d’être préparé à ces chocs culturels et à défaut de les approuver, il faut savoir les accepter et taire, au moins le temps de votre voyage, votre désapprobation.

Pour toutes ces raisons, il est important de se documenter sur sa destination et de lire aussi bien des périodiques que des guides de voyage ou encore des recueils de photos.

Partir à combien ?
Pour entrer plus facilement en contact avec les populations autochtones, il faut pouvoir se fondre dans la masse.

Voyager seul constitue l’essence même du voyage indépendant. Quand on voyage seul, à moins d’être totalement asocial, on est naturellement plus ouvert aux rencontres.
Le voyageur solitaire est également seul maître de ses choix, de son itinéraire et de son rythme de voyage. En contrepartie, il doit assumer seul les difficultés, les coups de blues et toutes les démarches touristico-administratives.

Voyager à deux, en couple ou non, permet de partager les émotions du voyage. A deux, on se sent plus fort. On associe les compétences respectives et on se partage les démarches à effectuer pour trouver un hôtel, réserver des billets, trouver un bus, etc.

Mais un voyage en duo peut également devenir un enfer… Voyager dans des conditions de confort et d’hygiène plus simples que chez soi peut faire surgir des traits de personnalité inconnus jusqu'alors chez l''autre. Cela peut provoquer de sérieuses disputes et quand la scène se passe sous une tente au milieu du désert avec un retour planifié deux semaines plus tard, impossible de s’esquiver !

Voyager à trois permet d’envisager des locations de véhicules et éventuellement de négocier des prix de groupe. Mais face à certains choix, on prend le risque de se retrouver à "deux contre un".

Voyager à quatre représente une dernière possibilité. Au-delà de quatre, on fait du tourisme de groupe.

Partir avec une agence ?

Voilà qui peut sembler incompatible avec l’idée de voyager en indépendant.

Mais il faut savoir qu'en dehors des voyagistes classiques, il se développe un nouveau genre d’agence de voyage qui s’adresse plus spécifiquement aux "backpackers", surtout dans les pays anglophones.

Ces agences proposent des services plus ponctuels et plus spécifiques, comme l’organisation d’un accueil en cas d’arrivée de nuit dans un pays pas facile (First48). D’autres se chargent de vous obtenir des visas et/ou des lettres d’invitation, ou encore des billets spécifiques comme des tickets pour le Transsibérien (White Nights).
Le tourisme chez l’habitant se fait également le plus souvent par l’entremise d’agences.

Un peu différentes, les agences "classiques" proposent des produits de type "aventure" plutôt destinés aux jeunes et/ou à ceux qui veulent voyager de manière moins formelle, moins encadrée.
C’est ainsi que Nouvelles Frontières ou Tucan offrent des voyages "aventure" et que d’autres agences proposent même des voyages en camion pour de très longues périodes (Overlandtravel).

Bien sûr, cela reste du voyage organisé, en groupe de 15 à 20 personnes voire plus. Mais en théorie du moins, l’état d’esprit semble un peu plus aventureux.

Pour certaines destinations ou certaines activités comme un voyage en bateau en Antarctique ou une expédition en motoneige au Canada, il est quasi impossible de se passer de ce genre d’agence.

Préparer son retour
Séjourner à l’étranger demande une période d’adaptation, mais rentrer au pays également.
Surtout si votre voyage a été particulièrement long ou spécialement intense.

Afin d’éviter un classique coup de blues ou le syndrome du "j’aurais dû rester là-bas…", il est bon de se ménager encore un jour ou deux de repos avant de reprendre le travail, puis de s’astreindre à la poursuite d’un but précis comme par exemple la création d’un album photo souvenir ou la mise en ligne sur le web de votre carnet de voyage. Tout cela vous occupera activement tout en conservant concrètement l’esprit de votre périple.

Déjà commencer à préparer votre prochain voyage est aussi une alternative.

Si, par malheur, votre voyage ne vous a pas laissé un bon souvenir, dites-vous que le prochain sera mieux et qu’il ne faut surtout pas renoncer à votre manière de voyager autrement.

©Travel2world 03/2005.

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Dans ce dossier :
Choisir une destination
Choisir un voyage
Quand partir ?
Combien de temps ?
Se préparer
Partir à combien ?
Partir avec une agence ?
Preparer son retour
 
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Préparer un voyage
Que prendre avec soi ?
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Choisir son guide de voyage.
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Citations