TRAVEL2WORLD : Dossiers n°12

Le tourisme mondial en 2004.

L'analyse du tourisme mondial en 2005 est en ligne ici

2004 aura été une année record pour le tourisme à l'échelle mondiale.

Selon l'organisation mondiale du Tourisme (organe des Nations Unies), ce sont en effet plus de 760 millions d'arrivées de touristes internationaux qui ont été enregistrées en 2004, soit une hausse de 10% par rapport à 2003 et la plus forte progression anuelle depuis 1976.

En se basant sur les données et rapports diffusés par l'OMT, le présent dossier s’intéresse de manière simplifiée aux flux touristiques en 2004, en plus d’une analyse globale, une place plus particulière sera faite aux pays visités au cours de mes voyages.

Remarque importante : Note à propos des chiffres : l’analyse ci après repose sur les statistiques et les chiffres du tourisme mondial fournis par l’organisation mondiale du tourisme .
Ces chiffres couvrent les années 2003 et 2004 soit en réalité la période qui va de Octobre 2002 à Octobre 2004.

L’organisation mondiale du Tourisme (WTO) ne fait pas de distinction entre les voyages d’affaires et les voyages d’agrément (tourisme pur), tout comme elle ne fait pas de différence entre les saisons du tourisme (vacances d’hiver et vacances d’été par exemple).
Un chiffre de 70 millions de visiteurs/an n’indique donc pas nécessairement que ce sont 70 millions de visiteurs différents qui ont franchis les frontières de ce pays, (un visiteur peut être comptabilisé plusieurs fois si il effectue plusieurs voyages dans un même pays).

La WTO utilise de plus une méthodologie et une classification spécifique pour collecter et analyser ses chiffres. La construction géographique des 5 zones touristiques (Europe, Asie, Moyen Orient, Afrique et Amériques) est par exemple différente de la répartition géographique ou politique habituellement utilisée pour définir ces continents, de même la méthode de comptage des "flux touristiques" repose sur une définition particulière afin d'en savoir plus je vous invite à prendre connaissance de la méthodologie de la WTO sur son site web.

L’année passée ce sont donc plus de 760 millions de touristes qui ont arpentés les quatre coins du globe à la recherche d’exotisme, de sensations, d’aventures ou tout simplement de repos.

Pour causes de SRAS, de menaces terroristes ou d’instabilité économique, 2003 fut une année en retrait au niveau tourisme, il est donc logique que la hausse en 2004 soit frappante, mais il n’en demeure pas moins qu’avec 760 millions d'arrivées aux frontières enregistrés, c’est en théorie plus d’un terrien sur 8 qui a quitté momentanément son pays pour raisons de loisirs ou d’affaires.

Mais ou vont ces voyageurs et d’où viennent ils ?

L’Europe avant tout.
Avec ses 414 millions de visiteurs, l’Europe s’adjuge haut la main le titre de première destination touristique au monde. Plus de 1 touriste sur deux (55%) voyage à destination de l’Europe.

Ce n’est donc pas sans surprises que l’on retrouve 12 pays européens dans le top20 des pays recevant le plus de touristes au monde.
Premier toutes catégories : la France qui accueille plus de 75 millions de visiteurs par années, soit plus de 1 visiteurs par an et par habitants. La France à elle seule monopolise 10% du tourisme mondial.

Si tous les pays d’Europe reçoivent de plus en plus de touristes chaque années (+6% en 2004 dans l’ensemble par rapport à 2003), la progression peut être très différente selon les sous régions.

On constate en effet une progression quasiment 3 fois plus forte du nombre de visiteurs en Europe Centrale et Orientale (en gros les pays de l’ex bloc de l’est, y compris la Russie) qu’en Europe Occidentale et Méditerranéenne, mais il est vrai également qu’en chiffres absolus la « vieille Europe » peut compter au départ sur un nombre de touristes beaucoup plus élevé.

On constate également une belle progression du tourisme vers l’Europe du Nord (pays scandinaves + Irlande et Grande Bretagne), ce qui peut laisser à penser que le touriste, quelque peu lassé des traditionnelles plages d’Espagne, des classiques montagnes de Corse ou des éternels trésors historiques et architecturaux de France et d’Italie s’en va chercher la nouveauté dans des pays relativement proches mais en même temps déjà différents et moins fréquentés.

Si l’Europe est la première destination touristique au monde, elle est également la première zone « productrice de touristes au monde ».
Presque 90% des touristes à destination de l’Europe sont d’origine européenne et niveau mondial entre 55 et 60% des voyageurs qui parcourent le monde sont issus des pays européens (Russie incluse).

Europe première encore et toujours en matière d’argent dépensé :
Il serait logique de penser que si plus de 50% des touristes voyagent en Europe, à peu près la même proportion des presque 500 milliards de dollars dépensés en 2004 par les touristes devraient se retrouver en Europe.
Au niveau global c’est à peu près exact, mais quand on regarde au niveau régional les couples nombre de visiteurs / revenus du tourisme, on constate un certain nombre d’exceptions.

La France par exemple, première destination en nombre de visiteurs, mais « seulement » troisième en revenus.

Autres exemple : l’Allemagne se positionne en 10eme position des pays recevant le plus de visiteurs mais elle monte à la 6eme place au palmarès des revenus.
Dans l’autre sens, le Canada peut se vanter d’être la septième destination la plus prisée au monde mais seulement la onzième ou l’on dépense le plus d’argent.

Plus frappant encore : la Belgique ne figure même pas dans le top25 des destinations les plus fréquentées mais elle se hisse à la 11eme place des pays percevant le plus d’argent du tourisme.

Bien sur les revenus du tourisme étant calculés en devise locale, puis convertis en Dollars US, la fluctuation des taux de changpeut influencer fortement les résultats (cas typique de l’Euro) mais dans l’ensemble une conclusion demeure : ce ne sont pas systématiquement les pays qui reçoivent le plus de visiteurs qui en tirent le plus de revenus et inversement.

Cas particuliers :

LAOS : La république démocratique populaire du Laos ne peut prétendre à jouer les divas du tourisme asiatique. Pourtant la destination connaît un « boum » touristique continu depuis son ouverture aux étrangers en 1990.
En 15 ans le nombre de visiteurs est passé de 14.000 à plus de 220.000 et la croissance touristique est régulièrement caractérisée par un taux à deux chiffres (+13% en 2004).
En 2002, le tourisme a rapporté 113 millions de USD au Laos pour 215 milles visiteurs, ce qui représente une dépense moyenne théorique de 526 $ par voyageurs, soit un montant comparable à ce qui se fait en Malaisie ou en Chine.

Au Laos le tourisme représente environ 10% du PIB national mais presque 40% de la richesse produite par le secteur des biens et services (tertiaire).

Cambodge : Ouvert aux touristes depuis 1992 seulement, le Cambodge profite bien de l’essor du tourisme. En vingt ans le nombre de visiteur a été multiplié par 45 pour atteindre les 787.000 visiteurs en 2002 !
La même année, les revenus du tourisme étaient estimés à 379 millions de USD, soit 3% du PIB.

En 2004 le tourisme à encore progressé de 44% mais cette industrie avait connue une très forte régression en 2003 suite aux conséquences de la crise asiatique et de la recrudescence de quelques actes de banditisme visant des touristes (2 morts en 2002.)

Si l’on divise les revenus du tourisme par rapport au nombre d’habitants (13 millions), on obtient un rapport de 60$/hab, ce qui est faible en comparaison avec les ratios européens mais c’est tout de même 3x supérieur au ratio Laotien (18$/hab).

Vietnam : Avec 1,6 millions de visiteurs/an le Vietnam se place à la 13eme place des pays les plus touristiques d’Asie et D’Océanie. Le gouvernement Vietnamien ne communique pas volontiers les chiffres relatifs au tourisme, les données manquent et il est difficile d’analyser l’impact du tourisme sur l’économie locale, tout au plus sait on qu’en 2004 le nombre de visiteurs a augmenté de 30% par rapport à 2003.

Mais la aussi il faut tenir compte d’une chute de fréquentation en 2003, d’autant plus que les problèmes liés à la grippe aviaire ne sont pas résolus dans ce pays et q’une recrudescence des cas de transmission à l’homme pourrait à nouveau limiter lourdement les voyages vers cette destination.

Thaïlande : acteur très important du tourisme en Asie et dans le monde, la Thaïlande peut compter sur la visite de plus de 10 millions de touristes par an, représentant un apport de plus de 8 milliards de USD (en hausse de 26% en 2004).

Pourtant le tourisme ne représente que quelques 3% du PIB de ce pays relativement prospère.
18eme destination mondiale en nombre de visiteurs, la Thaïlande se hisse à la 6eme place si l’on tient compte des recettes générées par le tourisme.
Ces recettes atteignent les 727$ par visiteurs soit autant qu’en Grande Bretagne !

A noter que actuellement les plus fervents défenseurs de la levée de l’embargo américain sur Cuba sont… les américains eux même !
La TIAA (Travel Industry Association of America) estime en effet que sans l’embargo sur le régime Castriste et la loi Helms-Burton, ce sont près de 1 millions de touristes US qui seraient prêts à se rendre à Cuba chaque année, ce qui correspondrait à une augmentation de 50% du nombre de visiteurs.
De quoi modifier sérieusement le paysage touristique de l’Ile et d’accroître la dépendance vis-à-vis des Etats-Unis et du dollars.

Les dépenses touristiques à Cuba représentent 1,633 milliards de dollars, soit 986 $ par visiteurs ou encore 144$ par Cubains.

Si le tourisme ne représente pas la première industrie de Cuba (la culture du tabac et de la canne à sucre restent en tête), les devises apportées par les visiteurs évitent néanmoins au pays de suffoquer par manque de liquidité.
De plus le tourisme représente une source de revenus plus stable et plus modélisable que la production de tabac ou de sucre qui est toujours à la merci d’une chute des cours ou des aléas climato écologiques.

Afrique :

L’Afrique est décidément le plus malheureux des continents, guerres à répétitions, gouvernements corrompus, économie moribonde, espérance de vie en baisse et stagnation du tourisme qui représente seulement 4% des flux internationaux.

Si la fréquentation touristique ne fait « que » stagner, c’est essentiellement grâce aux bonnes performances des « locomotives » que sont le Maroc, la Tunisie, le Kenya, l’Afrique du Sud et les Seychelles (l’Egypte est reprise dans la région « Moyen Orient »).

A noter que seulement 40% des visiteurs de l’Afrique sont originaires du même continent, ce taux est le plus bas de toutes les régions touristiques analysées.

Sur les 30 millions de voyages à destination de l’Afrique, 1/3 s’arrêtent au Maroc et en Tunisie et encore 20% s’arrêteront en Afrique du Sud.

L’Afrique Anglophone de l’est réussi encore à attirer avec ses grands lacs et ses safaris de 6 à 7 millions de visiteurs.

Moins de 3 millions de visiteurs partent en direction de l’Afrique de l’ouest, et parmi eux plus de 900 milles ne se dirigerons que vers le Sénégal ou le Ghana.

Les raisons de cette stagnation sont connues : insuffisance des infrastructures d’accueil, réseau de transport inadapté aux touristes « de base », instabilité politique, déficience de l’état de droit.

A ce constat viennent d’ajouter des crises plus ponctuelles comme la guerre en Côte d’ivoire, au Congo, au Rwanda, ou encore les troubles politiques au Togo et au Zimbabwe.

Tous ces éléments ne favorisent pas la mise en place de politiques durables d’accueil des touristes et constituent un frein important au tourisme indépendant.

La situation tourne au cercle vicieux dans de nombreux cas. Les pays qui disposent déjà d’une base touristique relativement importante peuvent dégager des devises pour leurs permettre de réaliser avec l’aide d’institutions internationale des crédits pour développer d’avantage les infrastructures et augmenter ainsi leurs revenus.

A l’inverse, les pays peu touristiques et ne disposant pas des infrastructures minimales ne peuvent espérer attirer d’avantage de visiteurs sans investissements conséquents, investissements rendus impossibles par l’absence fonds disponibles et par la faiblesse des recettes liés au tourisme…

Quelques chiffres en particulier (chiffres 2002):
Sénégal : 427.000 visiteurs, et 140 millions de usd de revenus (+-13$/hab et 327$/visiteurs)
Mali : 96.000 visiteurs, +- 75 millions de $ de revenus (6.25$/hab et 781$/visiteurs)
Togo : moins de 60.000 visiteurs et 10 millions de $ de revenus, soit 1,8 $/hab !! et 166$/visiteur
Bénin : 72.000 visiteurs et 60 millions de $, soit 8.27 $/hab et 833 $/hab
Maroc : 4,193 millions de visiteurs pour un revenu de 2,152 milliards de dollars. (66$/hab et 513$/visiteurs)
A noter que le Maroc c’est lancé dans un ambitieux projet « Maroc2010 » qui vise à doubler le nombre de touristes/an pour l’horizon 2010.


La protection militaire accordée aux sites touristiques en Egypte est un exemple.

(*) : l’Egypte en fait partie mais pas l’Iran par exemple.

Tableaux et chiffres.

©Travel2world 03/2005.

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