| Voyager
à moto ?
Pourquoi
tu voyages à moto ? C'est une question que
les non-motards me posent souvent...
Si
l'idée de prendre sa moto un dimanche ensoleillé
pour faire une petite ballade a la campagne, entrecoupée
de pauses sur la terrasse d'un café est acceptable
par tout le monde, en revanche l'idée de faire
des étapes de 600 kilomètres sous la
pluie avec une moto chargée comme un mulet
parait nettement plus saugrenue aux non-motards.
Dans
le même état d'esprit, quand on voit
le confort et la fiabilité de voitures, on
peut vraiment se demander pourquoi courir le monde
sur un engin fondamentalement instable et inconfortable,
qui requière un entretien tous les 6 ou 10
milles kilomètres, à l'autonomie et
à la capacité d'emport limitée,
qui coûte souvent aussi cher qu'une petite voiture
et surtout qui est si sensible aux dégradations
du climat.
Pour
répondre à ces interrogations et pour
se persuader soi même que l'on a fait le bon
choix, voici quelques arguments :
Le
plaisir avant tout.
Une
voiture se conduit, une moto se pilote...
Si
aujourd'hui il est encore possible de "s'amuser"
avec une voiture, cela reste malgré tout et
avant tout un engin à vocation essentiellement
utilitaire. La moto elle est un instrument de loisir.
Une moto n'a pas la perfection
d'une voiture et c'est justement cela qui la rend
attractive.
Une
moto bouge, elle penche, elle gronde et demande une
certaine expérience pour être apprivoisée.
Même une modeste "basique pour débutant"
offre plus de sensations et de reprises que beaucoup
de familiale moyen de gamme pseudo sportive... et
pour beaucoup moins cher.
En
moto, la route en elle-même devient un plaisir
et fait partie de l’intérêt du voyage.
En voiture, faire la route nationale entre Grenoble
et Nice par exemple (Route Napoléon), reste
une simple étape de liaison. Certes le paysage
est joli, mais cela roule mal, il y a des caravanes
a dépasser, des embouteillages dans les villages,
cela tourne, il fait chaud et les passagers sont malades
à l’arrière.
A
moto sur la même route, les virages et les courbes
deviennent l'occasion de travailler ses trajectoires
(même en restant à vitesse légale),
les embouteillages sont rapidement
oubliés et quant aux caravanes ou autres
poids lourds, une petite sollicitation de l’accélérateur
et on se retrouve loin devant, bien plus rapidement
que ce qu'une voiture même puissante ne pourrait
faire.
On
roule différemment :
A
moto, les lignes droites des autoroutes ne représentent
pas le moindre intérêt,
c'est pourquoi on privilégie les nationales
pittoresques. Combiné à l'autonomie
plus réduite des 2 roues (de 200 à 400
kilomètres en général), on se
retrouve rapidement à faire des étapes
plus courtes.
Débarrassé
de l'obsession automobilistique qui impose de "tenir
sa moyenne", on prend le
temps de profiter des auberges gastronomiques,
des gîtes d'étape et des charmes de la
campagne.
Finies
les étapes marathon de 1500 kilomètres
pour se retrouver quand même coincé 3
heures au péage, et bonjour les cols de montagne,
les terrasses ombragées et les routes de l’arrière
pays. On profite mieux de son
voyage.
Question
de coûts :
Une
moto n'est pas un engin économique à
la base.
Proportionnellement à une voiture, le coût
d'achat est élevé et la fréquence
des entretiens peut faire rapidement encore gonfler
la note, mais il y a des compensations.
Comparez
les coûts des péages autoroutiers pour
les voitures et pour les motos... idem pour le coût
d'un transport par ferries ou par train-voiture(moto).
En ville, oubliés les parcmètres ou
de toutes manières il n'y a pas de place, le
moindre espace entre 2 voitures ou sur un coin de
parking devient un endroit parfait pour la moto.
En Angleterre et en Irlande, de nombreux endroits
publics disposent de parkings gratuits pour les deux
roues, tandis que les 4 routes doivent s’acquitter
de droits de stationnement souvent prohibitifs.
La
faible consommation d'une moto permet aussi de faire
de grosses économies en cas de fort kilométrage.
Un
engin pour les baroudeurs.
La
route de la Soie, L’Inde, l'Afrique, la cordillère
des Andes, L'Alaska... autant de destinations auxquelles
les motards n'ont plus peur de s'attaquer.
La moto reste moins chère
à préparer pour de tels voyages qu'un
4X4, même de fabrication soviétique.
La
conception plus simple d'un moteur de moto permet
également au pilote de faire plus facilement
lui-même des interventions sans pour autant
avoir un diplôme de mécanique.
Sur une voiture, l’omniprésence de composants
électroniques complexes et la plus grande difficulté
d’accès aux organes mécaniques, font
parfois qu'une panne bénigne signifie un recours
onéreux aux services d'un garagiste, voire
pire : l'abandon du voyage.
De
par sa taille et son poids il reste encore du domaine
du techniquement et du financièrement possible
de faire transporter sa moto par bateau ou par avion,
pour cela il faut compter de 600 à 2000 euros
selon la destination et le moyen de transport. Avec
une voiture, vous pouvez au minimum doubler cette
estimation, quand il n'est tout simplement pas possible
de faire transporter son véhicule.
Toujours
grâce à sa taille et son poids, une
moto peut s'aventurer sur un chemin boueux, un pont
de corde, un sentier de mules ou même
être embarquée sur une barge pour traverser
une rivière... autans d'endroits ou un 4X4
resterait coincé.
Enfin,
dans de nombreux pays, la moto
est le moyen de transport des classes pauvres,
la voiture c'est pour les riches.
En arrivant dans un village avec une moto plutôt
qu'avec une voiture, le voyageur occidental a plus
de chances d’être mieux perçu et intégré
par les populations locales.
Même si vous voyagez avec une 1200 cc dans un
pays ou les plus grosses cylindrées ne dépassent
pas les 350 cc, vous avez toujours une moto... Un
4X4, même de 15 ans d’âge, même
de fabrication en carton-pâte made in pas cher,
cela reste une voiture, donc un engin de riche.
Enfin,
une moto reste un objet universel de discussion et
de curiosité,
et cela peut être particulièrement utile,
par exemple lorsque vous rencontrez à 3 heures
du matin dans les rues désertes d'un village
du Togo une bande de militaires passablement saouls,
armés de Kalashnikov, qui n'ont plus étés
payés depuis 2 ou 3 mois et qui se disent qu'un
petit blanc tout seul pourrait bien être un
bon moyen pour trouver de quoi arrondir la fin du
mois....(mais non maman ce n'est pas un exemple vécu...)
|
la
moto c'est pas toujours une sinécure
!.... c'etait en mai 2004 sur la route des Crêtes
dans les Vosges. |
©Travel2world
07/2004.
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