C'est
quoi un voyageur indépendant ?
"Voyageur
indépendant" et "voyager
autrement" sont des expressions que
j'utilise souvent. Ce site se proclame même
être un instrument pour voyageurs indépendants
et pour ceux qui veulent voyager "autrement".
Mais
au fait, cela signifie quoi ?
L'expression
est utilisée, je pense par les guides Lonely
Planet et dans mon esprit elle désigne
une forme de voyage qui évite les voyages organisés
(les fameux "All inclusive") pour privilégier
une certaine forme d'improvisation dans ses itinéraires
et dans ses visites en fonction des rencontres, des
coups de cœur et des circonstances.
La
base du tourisme indépendant c'est un billet
aller/retour, une bonne carte, un guide et une grande
dose de flexibilité et
d’adaptabilité. C'est tout (et c'est
déjà pas mal).
Voyager
autrement en indépendant/autrement ne signifie
pas pour moi rechercher absolument l'aventure ou les
difficultés,
mais je pense que si l'on veut connaître un
peu un pays et ses habitants autrement que par les
cartes postales, il est nécessaire d'essayer
de se rapprocher en partie du moins des conditions
de vie des gens qui y vivent.
On
privilégie donc les transports locaux à
l'avion, on évite si possible la voiture de
location qui impose directement une distance à
l'autre, et on loge dans de petits hôtels dans
des quartiers qui permettent de rencontrer des personnes
qui ne travaillent pas nécessairement dans
le tourisme.
Cela
ne signifie pas non plus que l'on va systématiquement
fuir les lieux touristiques et les attractions majeures.
Mais je pense qu'entre ne pas visiter le Fort de Jaipur
(Rajasthan) et le visiter en suivant en troupeau le
guide et sa pancarte "Jet Tours" il y a
des alternatives...
Voyager
autrement est avant tout une question d’état
d'esprit que l'on peut résumer en 4 points.
PRENDRE
SON TEMPS
La première idée consiste déjà
à ne pas vouloir effectuer ses visites au pas
de course. Si techniquement il doit être possible
de visiter tous les sites de New Delhi en une journée,
je ne pense pas que ce soit là l'idéal.
C'est un peu comme ces touristes Nord américains
qui en une semaine visitent Bruges, Paris, Londres
et Venise et qui disent après "j'ai visité
l'Europe"...
Prendre
le temps de s'asseoir sur un banc pour regarder passer
les gens ou bien engager la conversation avec le gardien
du parking cela fait aussi partie de la visite...
SORTIR
DES SENTIERS BATTUS
Un autre objectif est de rechercher
les endroits "secondaires". Que ce
soit dans le choix des restaurants (entre les restaurants
"pour touristes" et les restaurants locaux
je choisis sans hésiter les seconds), ou dans
les lieux touristiques vous avez toujours a gagner
en vous aventurant en dehors des sentiers battus.
Orchha en Inde ou Taroudant au Maroc sont renseignés
dans les guides comme étant des endroits "intéressant"
mais sans plus... c'est pourtant de ces endroits dont
je garde plus de souvenirs que du Taj Mahal ou de
Fès.
Sortir
des sentiers battus c'est aussi essayer les transports
locaux,
pas toujours aussi terribles qu'ils ne paraissent
mais parfois bien pires encore, prendre un taxi brousse
ou un "grand taxi" c'est un moyen radical
pour rencontrer les autochtones (il faut dire qu’être
à 4 sur la banquette arrière d'une Mercedes
cela favorise les rapprochements).
Sortir
des sentiers battus signifie aussi se perdre ou expérimenter
une panne le long d'une route désertique...
mais c'est dans ces moments la que l'on découvre
la solidarité et l’accueil des populations
locales.
NE
PAS JUGER
Pour comprendre l'autre, il
ne faut pas le juger. Pas toujours évident
surtout quand on est confronté à des
faits comme les castes, la ségrégation
sexiste, la corruption de la police ou certaines pratiques
"commerciales" (les prix "spécial
touriste" par exemple).
Mais il faut essayer de se rappeler que nos
valeurs ne sont ni universelles ni les meilleures
et que notre société occidentale est
elle-même loin d’être parfaite ou toujours
très juste.
En
comprenant l'autre on apprend, on se remet en question
et on devient plus tolérant.
Et
si de temps en temps vous ne pouvez pas accepter certaines
choses et que la révolte monte en vous, dites-vous
bien que c'est la preuve que vous vivez toujours...
que vous pensez et que vous n’êtes pas comme
ces gens qui tant que l'on ne touche pas à
leur assiette ne voient, n'entendent et ne disent
rien...
VIVRE
DES GALERES
Il ne faut pas se leurrer, voyager
en indépendant, en dehors des sentiers battus
ce n'est pas non plus "parfait et tout rose".
Il arrive aussi que l'on expérimente des galères
plus ou moins marquantes.
Cela peut aller depuis les cafards dans la chambre
d’hôtel ou des "voyages de 3 heures"
qui durent 2 jours jusqu'aux problèmes avec
la police en passant par le vol ou les arnaques.
Le genre de problèmes qui arrivent bien plus
rarement quand on voyage en colonie avec un tour operator.
Mais
sauf problèmes vraiment graves, les galères
finissent toujours par devenir des souvenirs que l'on
aimera raconter plus tard.
Les petites galères pimentent
les voyages et font que notre voyage ne ressemblera
jamais a celui du voisin.
Dites-vous
bien aussi que l'endroit le
plus dangereux de la terre c'est votre lit...
c'est la que statistiquement vous avez le plus de
chance de mourir.
En
guise de conclusion je dirais que
voyager en indépendant / autrement c'est refuser
de considérer un voyage comme un produit de
consommation mais bien comme une aventure personnelle
et humaine.
"Le
voyage avec un tour operator est au voyage ce que
le Fast Food est à la gastronomie"
(je
l'aime bien celle la !)
©Travel2world
07/2004.
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