La
photo en voyage.
Mise
à jour en mars 2005 du chapitre "numérique"
pour tenir compte de ma récente expérience
dans ce domaine. |
Le
voyage est souvent étroitement lié à
la photographie.
Faire des photos c'est le meilleur moyen de figer
ses souvenirs et de les partager ensuite avec les
amis.
Mais faire des photos n'est
pas toujours facilement compatible avec l'envie de
voyager autrement.
Brandir un appareil photo (et plus encore : un caméscope)
c'est afficher son statut de touriste aussi clairement
que si on portait un "bob", un short et
un t-shirt "Club Med"...
Face aux touristes, les populations
locales réagissent souvent de la même
façon : méfiance, sentiment d'intrusion
ou bien au contraire : sollicitation, hausse des prix
et animation "100% pas authentique spécial
touriste".
Si vous ne me croyez pas, allez faire un tour au mois
de Juillet au pied de la Tour Eifel ou bien dans les
ruelles du quartier historique de coeur de Bruxelles,
et dites moi si vous trouvez que tout ce que vous
pouvez voir, manger ou acheter ressemble au quotidien
typique des habitants du cru...
Il n'y à rien qui ressemble plus à un
voyageur "indépendant et différent"
avec un appareil photo qu'un voyageur en circuit "all
inclusive" avec son appareil photo également
qui effectue son marathon touristique qui consiste
à visiter 30 sites par jours.
Dans
ces conditions, il est assez illusoire d'espérer
passer plus ou moins inaperçus et d'avoir une
chance de dépasser le stade superficiel des
relations touristes /autochtone.
Prendre
des photos peut être aussi perçu comme
quelque chose de terriblement invasif, voire
agressif (vous aimeriez vous être pris en photo
au téléobjectif par un inconnu alors
que vous prenez votre petit déjeuner sur une
terrasse ?).
Mais d'un autre coté, il n'y a pas de secrets
: le photographe est un voyeur.
Son
objectif est de capturer « le naturel »
et l’instantané d’une scène de la vie
quotidienne par exemple.
Un
beau portrait n’est pas une photo ou le sujet est
figé au garde à vous et les plus beaux
sourires sont ceux que l'on "vole" par surprise.
Mais un « portrait » ou le sujet est photographié
à la sauvette à 6 mètres de distance
avec une main devant le visage n’est pas non plus
l’effet recherché.
Pour obtenir le « juste milieu » il faut
réussir à faire des photos ou le sujet
est conscient d’être l’objet de votre attention
mais sans que cela ne perturbe son comportement naturel.
Sur
le site des Peteri Pontification, on
trouve un bon article (en Anglais) sur le sujet
intitulé "le téléobjectif
est pour les lâches".
Pour faire de belles photos il faut savoir réussir
le tour de force de s’imposer comme photographe mais
sans imposer son appareil.
Toutes
ces contradiction forment un casse tête dont
je l'avoue je n'ai pas trouvé la solution miracle...
Tout au plus puis je dire que compte tenus des remarques
ci-dessus, photographier des enfants est à
mon sens plus simple que de photographier des adultes.
A
défaut de solution miracle voici quelques conseils.
Conseils :
- Avant
de commencer à photographier à tout
va, prenez le temps de faire
le tour des lieux. Repérez les cadrages,
les ombres les lumières, et essayez de définir
ce qui fait l'ambiance. Pendant ce temps les gens
s'habituerons a votre présence, vous vous
ferez un peu oublier.
-
Demandez toujours l'autorisation
de photographier une personne, et en cas
de refus, respectez le. Et affichez toujours un
grand sourire.
-
évitez autant que possible les flashes.
-
ne cachez pas votre appareil mais ne le brandissez
pas non plus comme une arme.
-
Un petit appareil ancien, équipé d'un
grand angle intimide moins qu'un reflex ultramoderne
équipé d'un téléobjectif
de 200 mn.... je garde (et j'utilise) toujours un
Minolta SRT 101 de 1972 pour photographier les personnes
les plus simples. Je réserve mon EOS 30 à
l'architecture, aux paysages ou aux pays ou le photographe
passe inaperçu.
-
N'oubliez pas que l'on ne
peut pas tout photographier. Pour des raisons
religieuses ou de superstition certains lieux, édifices
ou personnes ne peuvent être prises en photo.
Pour des raisons légales parfois, certains
bâtiments ou installations (militaires) ne
peuvent être photographiés.
-
En dehors de l'Europe, le "Droit de photographier"
n'existe pas et/ou est soumis au bon vouloir des
pouvoirs publics locaux.
D'un point de
vue pratique:
- Ce
n'est pas toujours aussi facile que l'on pourrait
le penser de trouver sur place des films en quantité
et en qualité suffisante, et ce même
dans un pays comme les USA.
-
Il vaut mieux prendre trop de films avec soi que
pas assez.
- Le
matériel photo est lourd, coûte cher
et est parfois fragile, inutile de s'encombrer,
ne prenez que ce que vous etes sur de pouvoir utiliser.
- Prévoir
une large gamme de sensibilité dans les films
pour faire face à toutes les situations.
-
Du 200 asa comme base mais aussi du 400 ou du
800 pour les intérieurs et les ambiances
tamisées.
-
Prévoir des piles en suffisance.
- Ne
pas partir avec du matériel que l'on ne connaît
pas bien et/ou qui n'est pas à soi.
- en
complément du boîtier reflex, un petit
appareil compact peut s'avérer très
utile.
- N'oubliez
pas que le Noir&Blanc existe toujours et qu'il
offre une vision différente des souvenirs
de vacance.
Diapositives ou films
négatifs "classique" ?
Pour
ma part je préfère les diapositives,
essntiellement pour des raisons de qualité
et de coût, le dévelopement de 36 vues
dias est en moyenne 10 euros moins cher que les photos
"papier". Quand on fait 80 films par an,
c'est un argument de poid !
Voici
un tableau récapitulatif des avantages et inconvenients
des dias, des photos "papier" et du numérique.
| |
Diapositives |
Négatifs
couleurs |
Numérique |
| Cout
à l'achat des films |
quasi
identique, de l'ordre de 5/6 € par 36 vues |
les
cartes mémoires sont réutilisables
quasi à l'infini |
| Coût
au dévelopement |
+-
5€ en "semipro" et 11€ en "pro" |
comptez
15 € en grand labo style "fnac". |
Nul |
| Qualité
de dévelopement |
plus
constante |
tres
variable selon les labos. |
en
"RAW" on dispose toujours d'un original
de qualité optimale.("brut de capteur") |
| Sensibilitée |
de
64 à 400 iso |
de
25 à 3200 iso |
de
100 à 3200 sur le meme "film" |
| scanner
les photos
|
demande
un scanner special
ne
demande pas de correction des couleurs |
scanner
"a plat" est sufisant
probleme
du "masque orange" pour les négatifs.
|
numérique
natif
"original"
déjà modifié si photo en
JPEG ou usage de corrections à la prise
de vue. |
| Rangement |
classeurs
et feuilles panodia |
nécéssite
des albums |
nécéssite
cd, disque dur, backup... + logiciel de classement
des photos |
| Diffusion
|
nécéssite
un projecteur et un ecran
possibilitée
de faire de photo cd ou des SVCD-photo |
facile
mais abime les photos. (mais l' original est
préservé)
|
immédiat
et illimité par voie éléctronique
mais attention aux problemes de copyright
|
| reproduction |
plus
compliqué et cher |
Facile
mais pas gratuit |
rapide
et gratuit |
| Tirage
sur papier |
cher
et parfois limité |
Facile |
Cher
et pas toujours terrible en dehors du circuit
"pro" (cher!) |
Pour
aller plus loin dans la réflexion : "Is
Slide really better ?"
Et
le numérique ?
Le
numérique offre d’intéressantes options,
mais l'investissement nécessaire pour obtenir
une qualité de photo et d'appareils comparable
à l’argentique reste encore prohibitif pour
moi.
A titre de comparaison, le premier reflex numérique
d'entrée de gamme chez Canon coûte environs
1.000 euros (Canon 300d), et le haut de la gamme culmine
à plus de 6.000 euros (EOS 1D).
En
reflex argentique, l'entrée de gamme chez Canon
(le Eos 3000n) se situe à 380 euros, et le
top du top, le Eos1-s est à un peu moins de
3.000 euros.
Quand aux appareils compacts, l’argentique se situe
aux alentours de 200 à 300 euros, alors que
le numérique n'offre les premiers modèles
intéressants qu'entre 300 et 600 euros.
Pour le reste le numérique est globalement
comparable aux dias pour ce qui est des problèmes
d'impression et de diffusion des photos (sauf sous
forme numérique).
Mais outre le problème du prix, le numérique
(grand public) est également plus fragile et
gourmand en piles. Ce qui en fait, selon moi, un appareil
peu adapté aux voyages en Taxi brousse et aux
séjours dans des conditions difficiles (poussière,
chaleur, humidité etc...).
L'article
suivant (en Anglais) fait également une comparaison
entre les films photos et le numérique.
Mise
a jour numérique :
Depuis Décembre 2004 et mon voyage a
Hong Kong, j’utilise un appareil reflex numérique
(Canon Eos20D – 8 millions de pixels).
Outre
les prix compétitifs pratiqués
dans l’ex colonie Britannique, c’est ma «
consommation » de films photos qui m’a
décidée à passer le pas
du numérique… en effet après 3
mois de voyages en Asie, j’avais pas moins de
57 films dans mon sac à dos !
Ce qui, même en tenant compte des prix
très intéressants pratiqués
par les laboratoires photos de Bangkok représentait
déjà un budget film&développement
de plus de 400 euros… sans compter le temps
et le coût de scannage pour pouvoir publier
mes photos sur le web.
Apres quelques semaines d’utilisation intensive
de ce nouvel appareil l’heure est venue de faire
un petit bilan.
Tout d’abord je ne renie (quasi) aucunes des
remarques faites ici précédemment
concernant les inconvénients du numérique
: s’équiper en
numérique « expert » demande
un budget digne d’un équipement «
pro » en argentique et on se retrouve
avec un matériel plus délicat
à manipuler.
Bien sur il est possible
de compenser en partie les points faibles du
numérique : en achetant un «
grip batterie » et des batteries supplémentaires
on amoindri le problème de l’autonomie,
tout comme on peut acheter des carte Compact
Flash de 1 voire 2, voire 4 gigabits pour allier
hautes résolutions et espace de stockage…
mais tout cela se paye au prix fort !
Il est heureusement de plus en plus facile de
trouver des « cyber » où
l’on peut graver un CD rom avec le contenu de
votre carte CF en quelques minutes et pour un
petit prix.
En achetant un reflex de la catégorie
du 20D on acquière également un
appareil plus solide et plus adapté à
l’aventure qu’un simple compact, mais la encore
le prix n’est pas le même.
Mais le numérique apporte également
des avantages spécifiques aux voyageurs
:
-
Les cartes CF prennent moins de place que
les bobines de film.
- Une
carte CF ou un CD-ROM de photos sont bien
moins sensibles aux rayons X des aéroports
ou aux écarts de température
que les films.
- En
l’absence de passage par un intermédiaire
pour le développement, plus d’angoisses
à avoir en allant déposer ses
précieuses pellicules au laboratoire
du coin. Plus de risque de tomber sur un laborantin
qui va développer vos dias comme des
négatifs couleurs ou de rencontrer
une machine qui va vous broyer et vous rayer
consciencieusement 2 ou 3 rouleaux.
-
Plus besoin de se livrer à de savants
calculs pour connaître la proportion
de 100 asa, de 200 et de 800 que vous allez
prendre avec vous pour partir « en chasse
à la photo ». Avec le numérique
: une seule carte mais une sensibilité
de 100 à 3200 asa !
- Plus
de questionnements du type « couleur
ou noir et blanc ? Couleurs vives ou naturelles
? » etc.
- Plus
de remords à « mitrailler »
un sujet pour saisir la bonne expression,
et plus de travail « en aveugle »
sur des sujets difficiles comme des mouvements
filés, les contre jour, la photo de
nuit… grâce à l’écran
de contrôle, on examine immédiatement
le résultat et on corrige en conséquence.
En
conclusion je dirais que si vous comptez avoir
un usage intensif de la photo, un équipement
actuel obsolète ou inexistant et un budget
conséquent alors l’achat d’un reflex
numérique haut de gamme se justifie.Mais
dans les autres cas, ne
pensez surtout pas qu’il n’y a que le numérique
au monde.
Pour un budget raisonnable vous pouvez acquérir
du matériel plus que convenable en argentique
(semi-pro) et la différence de prix avec
le digital représente plusieurs dizaines
de films dias avec leur développement
et leur mise sous cache.
|
A
propos des photos de ce site.
Les
photos de ce site ont étés prises avec
soit des boitiers Minolta SRT 101 et SRT 103b avec
optiques Rokkor à focales fixes (le tout datant
du début des années ' 70) soit avec
un Canon Eos 30 (depuis 2002) et des optiques Canon
" serie L" (focales fixes et zoom).
J''utilise
essentiellement des films Fuji Sensia 200 pour les
Dias et des Kodak Tri-X 400 pour le noir et blanc.
Parfois un compact Olympius Mju II (35mn) est venu
compléter la panoplie pour quelques clichés
rapides.
Depuis 2004 et mon voyage au Maroc, j'utilise également
un Mamiya 645j, un appareil moyen format dont les
négatifs sont 4x plus grands (4,5 cm X 6 cm)
que les négatifs "classiques".
C'est un appareil lourd et lent à utiliser
du fait qu'il est totalement mécanique et ne
dispose pas de cellule photosensible intégrée.
Mais utiliser le MF donne l'occasion de faire des
photos différentes et surtout de par son aspect
il provoque la curiosité des autochtones, ce
qui facilite grandement les contacts et l'obtention
d'une autorisation de faire quelques portraits.
Comme indiqué plus haut, depuis début
2005 je suis passé en Numérique (Eos-20D),
ce qui fait que les prochains voyages, la part des
photos argentique va probablement se réduire
fortement.
Afrique
(Togo, Bénin, Sénégal, Mali)
En
Afrique de l'ouest en Octobre le ciel est souvent
"laiteux", bleu mais souvent trouble
et pas beaucoup de nuages pour relever le contraste.
Sur les photos le ciel apparais souvent blanc-gris.
La présence d'un filtre polarisant s'avère nécessaire.
Un filtre dégradé gris ou bleu clair pour permettre
de donner plus de relier au ciel. La lumière est également
souvent très crue, ce qui écrase les ombres et les
reliefs.
Faites
vos provisions de films avant de partir.
Sur place quasi impossible de trouver des films récents
et conservés dans des conditions acceptables.
Assurez
vous que vos sujets sont toujours consentants. Surtout
dans les campagnes et les villages reculés.
Attention aux scanner a rayons X dans
les aeroports (vieux modèles tres aggressifs
pour les films non exposés).
Cuba.
Pour protéger les films de la chaleur et de l'humidité,
recours systématique aux sacs hermétiques pour aliments.
Étant donné la vétusté de certains scanner a rayons
X dans les aéroports il est conseillé de demander
l'inspection manuelle des films.
Les
films que l'on trouve sur place sont cher (minimum
6$) et le choix est limité aux Kodak Gold et parfois
des Konica.
Inde.
Les
Sensia ont été exposées à +1/3 de diaph (soit 250
et 125 asa au lieu de 200 et 100) afin de mieux saturer
les couleurs.
L'inde
est un pays de couleurs qui incite a prendre des films
couleurs saturés, mais il ne faut pas négliger le
noir et blanc qui permet de rendre tres bien les ambiances
de rue et les architectures.
Sur
place on trouve assez facilement des Kodak Gold et
des Fuji Crystal (l'équivalent de la Superia). La
plupart du temps les dates de péremptions sont respectées.
En
Octobre-Novembre la lumière est bonne jusque 10h ensuite
elle est de nouveau exploitable de 15h / 15h30 jusque
17h. Il ne fait vraiment noir que vers 18h30, mais
entre 17h et 18h30 la luminosité est insuffisante
pour travailler avec des 100-400 asa.
USA.
Avant
de partir je n'avais pris qu'un minimum de films,
me disant que je trouverai sur place tout ce qu'il
faut à un prix intéressant.. Grave erreur
!
Aux
USA, les "slides" (les dias) semblent être
totalement inconnus, et quand on en trouve (chez les
pro) les boites sont facturées 8 à 9$
l'unité ! Quand aux films couleurs, le choix
est plus que limité : Kodak Gold 200 et parfois
Fuji Superia 200 ou 400. Le tout facturé entre
5 et 6 $ pour 24 poses. Les films 36 poses n'existent
pas non plus ici....
Conclusion
: prennez vos munitions avant de quitter le vieux
continent !
MAROC.
Le
Maroc est un pays photogénique, mais il n'est
pas toujours évident d'obtenir la permission
de prendre des portraits, surtout pour les femmes
et les enfants. Les familles Berbère "Schleus"
sont plus facilement accessibles.
Ici
aussi j'ai utilisé un EOS 30 avec films sensia
200 (calibrés à 250 asa) et également
un MF Mamiya 645 avec films Provia 100F.
ASIE
(Thaïlande, Laos, Cambodge, Vietnam).
La Thaïlande en général et Bangkok
en particulier constitue un excellent endroit pour
acheter les films ou pour les faire développer.
On y trouve de nombreux laboratoires tout a fait compétents
aussi bien pour les négatifs couleurs que pour
les dias, le tout a peu près pour la moitié
du prix pratiqué en Europe.
Au Laos et au Cambodge, l’offre correcte en matière
d’achat de films ou de développement est aussi
rare que chère, en revanche on trouve facilement
des endroits pour y faire transférer les cartes
mémoires des appareils numériques sur
CD-Rom.
Au Vietnam on trouve dans les plus grandes villes
des laboratoires photos corrects. A Ho Chi Minh Ville
on peut même trouver des labo pour professionnels.
En Asie, les adultes se montrent souvent assez ouverts
pour les photos, la plupart acceptent de poser devant
l’objectif si on le demande gentiment. Quand aux enfants,
ils adorent jouer les tops modèles.
Références
bibliographiques .
- Guide
Pratique de la Photo, R.Caputo
& P.Burian. ed. National Geographique
2001.code Isbn : 2-84582-018-6
- Travel
photography, collectif,
Ed.Lonely Planet 2000. code isbn : 1-86450-207-X
- One
Planet, collectif,
Ed.Lonely Planet 2002. Code isbn : 1-74059-874-1
- Manuel
de la photo ratée, Thomas
Lélu, Ed.Léo Scheer. code isbn
: 2-84761-008-1
Références
Web.
©Travel2world
03/2005.
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